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ASTRAC - Réseau des Centres culturels
de la Communauté Wallonie-Bruxelles asbl

Contribution du conseil d’administration de l’ASTRAC, réseau des centres culturels de la Communauté Wallonie-Bruxelles (98 Centres culturels en ordre de cotisation) aux États Généraux de la Culture
Patrick Besure, Président
21 mars 2005


Madame la Ministre,

Les Centres culturels sont des outils efficaces qui méritent une place dans l’organigramme de la Culture.
Nous vous proposons d’observer ces outils dont vous disposez et de mesurer leur capacité à démultiplier les financements qui leurs sont accordés.

Nous n’insisterons pas sur cette force des centres culturels, liée d’une part à une double légitimité basée sur la participation des pouvoirs publics et du monde associatif présents paritairement dans les Conseils d’Administration, et d’autre part à la qualité hautement professionnelle des intervenants de terrain, animateurs, administratifs, techniciens.

Tous les domaines qui ont été abordés lors des rencontres précédentes des États Généraux trouvent un point de convergence dans les Centres culturels.

Par exemple:
connaissez-vous ce “festival” qui en un seul week-end programme à travers la Wallonie et Bruxelles 34 spectacles de théâtre, 7 spectacles de conte, 31 spectacles musicaux, 10 séances de cinéma, 83 ateliers d’expression, des stages de formation, des expositions, des rencontres, des réunions, bref plus de 300 moments de culture?
Il s’est déroulé ce week-end.
C’est le printemps des Centres culturels.
Il montre une fois l’an ce qui est le fonctionnement courant de tous les autres week-ends de l’année dans les Centres culturels.
Sans compter les activités de la semaine, tout aussi riches et diversifiées.
D’ailleurs, à titre de contribution écrite, nous vous avons apporté les programmes de la saison de quelques centres culturels. Vos collaborateurs pourront sans problème les recopier intégralement pour les joindre aux différentes contributions aux états généraux. Ne vous inquiétez pas, Monsieur de Paoli, c’est évidemment un peu d’humour.

En plus de cette importante lecture qui va vous captiver pendant un bon moment, l’Astrac a également voulu souligner que les Centres culturels sont de véritables outils de terrain. Aux inévitables déclarations, discours et éventuelles revendications, nous avons aussi voulu laisser la place à des moments d’expression:
- nous avons donc invité SERDU, au crayon bien aiguisé, qui ponctuera cet après-midi de ses dessins parfois impertinents
- les centres bruxellois ont sollicité l’audiovisuel pour s’exprimer




Venons-en à ce qui nous amène.

Vous nous invitez à ouvrir le champ, à dégager des horizons nouveaux.
Nous vous proposerons donc de repenser assez radicalement la structuration du Ministère de la Culture.

Voici 6 “orientations” qui nous semblent déterminantes et réellement porteuses de développement culturel:

1) Réduire considérablement le poids de l’organisation sectorielle, de la division par secteurs pratiquée par le Ministère de la Culture
2) Renforcer l’importance d’une politique transversale, liée aux territoires, au “terrain”, aux lieux de contact avec les publics
3) Placer les Centres culturels au coeur des politiques culturelles territoriales (ou de terrain), en en confirmant radicalement la fonction d’outils fédérateurs, de pivot pour l’action culturelle.
4) Imaginer des dispositifs particuliers qui permettent le financement complémentaire de chaque mission que le Centre culturel sera amené à assumer en plus de son simple fonctionnement de base, dans un ou plusieurs domaines spécialisés, dans sa fonction de coordination ou de mise en concertation, dans une opération d’envergure,...
5) Soutenir cette politique coordonnée par les Centres culturels au niveau du terrain par un renforcement de l’action transversale de l’administration: transformer le service de l’inspection en un important interface (ou lui ajoindre cet interface) mis au service du développement socioculturel de terrain
6) Réduire radicalement les tâches administratives dont les centres culturels doivent actuellement s’acquitter, et les remplacer par de rencontres régulières -de terrain- avec l’interface administratif.

Nos propositions vont résolument à contrecourant des évolutions marchandes dans lesquelles s’engouffrent des organisateurs d’événements, des vendeurs de produits de consommation, des financiers qui déclarent haut et fort que des aides sont dues à l’exercice exclusif de leur business.

Nos propositions que vous ne manquerez pas d’étudier -nous avons des arguments à vous communiquer si vous le souhaitez, nous avons également accordé nos violons avec l’ACC, et nous sommes 112 centres culturels à pouvoir vous enrichir d’exemples vécus au quotidien- (nos propositions) ne visent pas à privilégier des institutions ou des institutionnels que nous ne sommes pas- mais à offrir aux créateurs d’expression les lieux de rencontre avec des vrais publics, ceux des écoles, ceux de la rue, ceux des salles de proximité, vous et moi et aussi nos voisins.

Enfin, Madame la Ministre, nous ne revendiquerons pas pour les Centres culturels des moyens complémentaires.
Votre budget est ce qu’il est. Dérisoire à la lumière des enjeux. Les Centres culturels, et l’Astrac en particulier, se sont toujours refusé à mettre en exergue tel qui aurait trop, tel qui ne mériterait pas en comparaisoin de....
Nous avons lancé (sans aucun moyen d’ailleurs) une campagne de sensibilisation des décideurs et des médias. Cette campagne intitulée “la culture plutôt deux fois qu’une” et qui vise à doubler purement et simplement le budget de la culture, faisait sourire il y a un an.
Il y a quelques semaines, j’entendais de votre bouche même qu’il faudrait bien multiplier ce budget par cinq pour faire face à tous les besoins. J’entendais aussi, lors d’une rencontre précédente, un intervenant vous annoncer que nous pourrions soutenir vos revendications auprès de vos collègues ministres en venant un jour occuper vos bureaux. Quant à nous, nous vous proposons de vous joindre plutôt à nous le jour où, avec les écrivains, les danseurs, les plasticiens, les artistes de rue, les animateurs de maisons de jeunes, les bibliothécaires......... et les publics, de vous joindre à nous, Madame la Ministre, le jour où nous irons occuper le cabinet de Michel Daerden.

Des états généraux, des états généreux, des espoirs évidemment, et sans les moyens.
Par-delà les complexifications, les interférences, les lobbies, les avis avisés, et les études des technocrates, les Centres culturels veulent vous dire aussi que les enjeux de la culture, ce sont un regain de qualité de vie, des ponts et des passerelles entre les gens, pour des formes d’intelligence citoyennes, des moments de découverte, porteurs d’espoir, de plaisir, de bonheur.
Madame la Ministre, n’oubliez pas le bonheur.

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