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ELARGIR LE CHAMP
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rue de la Rosière, 4 B 6820 Florenville 061/ 31 30 11 centreculturel@beaucanton.be Si on définit la culture comme “l’ensemble des réponses que l’homme donne à un moment donné, dans ou groupe ou une société donnés, aux questions qu’il se pose”, le champ d’intervention d’un centre “culturel” se trouve considérablement élargi en regard de celui que le citoyen “moyen” peut lui prêter spontanément. Les questions existentielles (la philosophie), l’organisation de la vie (le politique), le patrimoine, le cadre de vie, les relations sociales, le mode de vie (les métiers, la nourriture, les productions,...) seront ainsi le terreau de l’expression des intelligences, des angoisses, des souffrances, des joies, de la vie, à travers la création, et l’art. Créé voici plus de trente ans dans un pays très distant des pôles urbains, ne disposant à l’époque d’aucune infrastructure, oeuvrant sur un vaste territoire (260 km2), comprenant 26 villages regroupés aujourd’hui en deux entités communales, pour une population totale d’à peine 10 000 habitants, notre Centre culturel a pris la parti de se mettre “au service” de projets portés par les groupes locaux, dans un esprit permanent de “développement communautaire”. Il faut souligner que la faible densité de population et les distances importantes entre les villages conduisent à la fois à l’incapacité des groupes locaux d’assumer seuls des projets importants et à un foisonnement de petites associations (plus de 350!) aux objets sociaux les plus divers. Au sein du Centre culturel, tous les champs de la culture sont régulièrement explorés par un Conseil culturel chargé d’interroger le terrain sur les besoins, les attentes, les perspectives nouvelles à investiguer. Au fil des ans, notre Centre culturel a ainsi créé la Fête des Artistes de Chassepierre, la radio locale “Radio Sud”, le centre d’Art contemporain du Luxembourg belge, le Festival du Conte de Chiny, la Maison des Jeunes du Beau Canton, soutenu l’évolution du Centre d’Expression et de Créativité... et même mis en place la brocante mensuelle locale. Aujourd’hui, le Centre culturel gère deux espaces destinés à la fois à ses propres activités, aux activités des associations, et à la vie locale. Les associations évoquées plus haut constituent un véritable vivier pour la dynamisation du territoire. Les enjeux sont ceux d’une “culture” vecteur de qualité de la vie. Les formes “classiques” d’intervention d’un centre culturel, spectacles, théâtre, concerts, expositions, conférences, diffusion scolaire, ateliers et stages d’art, de création, soutien aux créateurs et artistes, sont les aboutissements d’une synergie constante avec le monde associatif qui bénéficie aussi de nombreuses aides-services. Les opérateurs culturels du territoire se sont également fédérés autour de projets de développement locaux qui se concrétisent depuis peu dans le cadre d’un “contrat de pays”. Plus largement, en lien avec des intervenants plus économiques ou touristiques, le Centre culturel est également devenu “Groupe d’action locale” pour la mise en œuvre d’un plan de développement stratégique “Leader+” subventionné par des fonds structurels européens et visant à faire du territoire du Beau Canton un champ de recherche, d’études et d’expérimentation pour un développement global. Dans ce cadre, une vaste opération de sensibilisation au territoire permet la publication d’ouvrages en lien avec la vie locale, des émissions sur la radio locale et l’édition d’un petit journal d’information toutes-boîtes tous les quinze jours. Un volet “économie” permet d’envisager la création d’un centre de développement durable, la valorisation des ressources et productions locales, une réflexion sur l’organisation du tissu commercial de Florenville. Un autre volet étudie la faisabilité d’un parc paysager, de parcours patrimoniaux, de valorisation de voies lentes, d’installation d’oeuvres d’art dans les villages. La mobilité et l’accessibilité constituent également un important thème de recherche, accompagné d’une action visant à prolonger la ligne de chemin de fer “voyageurs” Bertrix-Virton jusqu’à Arlon et Luxembourg via des lignes “marchandises” récemment électrifiées,.... La diversité des actions menées par le Centre culturel, la multiplicité des partenaires, le véritable maillage local que le Centre culturel construit avec les associations au fil de la mise en œuvre d’opérations communes, font tout naturellement du Centre culturel un intervenant reconnu, identifié, apprécié, et aussi de plus en plus souvent sollicité. Les publics qui ne se reconnaîtraient pas spontanément comme “usagers” d’un “centre culturel”, inaccessible, inutile ou intellectualisant, se trouvent ici véritablement associés dans des initiatives qui ont des répercussions sur leur quotidien, dans la mise en œuvre de réponses aux questions parfois même très pratiques qui se posent dans leur existence. Comme c’est précisément notre définition de la culture, de “consommateurs de produits culturels” qu’ils ne veulent souvent pas être, ils deviennent, même sans le savoir, les acteurs du développement culturel du territoire. Cette situation en perpétuel devenir, programmée dans le contrat-programme 2004-2007, constitue la réalité actuelle de notre Centre culturel. Riche, dense, diversifiée, accaparante, elle offre à elle seule une importante ouverture vers un large champ d’interventions. Le projet d’installer à Florenville un espace socioculturel susceptible d’héberger la bibliothèque et une salle culturelle constitue également un objectif porteur de dynamiques nouvelles auquel le Centre culturel s’attache depuis plusieurs années. La région en a un vrai besoin, ne serait-ce qu’en termes économiques. Impossible de travailleur “seul dans son coin”, le Centre culturel s’inscrit aussi dans des synergies fédératives vers l’extérieur, comme coordinateur de la Table Ronde du Conte, comme membre d’Asspropro, comme participant actif à la Concertation Luxembourgeoise des Centres culturels, et comme intervenant dynamique au sein de l’Astrac, réseau des Centres culturel de la Communauté Wallonie-Bruxelles (Printemps des Centres culturels) qui, pour l’heure, a son siège social dans nos locaux.
Notre association est actuellement reconnue comme Centre culturel local en catégorie 1. Si nous pouvons à tout moment proposer à notre territoire une démarche d’animation basée sur la recherche de pistes pour modifier des situations insatisfaisantes, il est clair que les moyens financiers dont nous disposons sont déterminants pour concrétiser nos actions. La convention “Chiny, Cité des Contes”, le contrat de pays et le programme leader+ nous “dopent” actuellement de façon considérable. Or, nous avons le sentiment de ne faire qu’exercer normalement ce que nous avons identifié comme étant nos missions de base. Qu’adviendra-t-il au terme de ces financements? Des actions auront peut-être pu prendre leur essor de façon autonome? Élargir notre territoire d’intervention pourrait aussi générer des économies d’échelle, si des communes voisines souhaitaient s’associer à notre action ? Pour l’avenir, des orientations générales ont été fixées par le conseil culturel: elles se fondent sur le maintien des actions et stratégies qui existent déjà. La “Cité des Contes” doit continuer à asseoir des actions régulières ou permanentes (espace ludique, nuit du conte, journée professionnelle, lieu d’accueil pour stages et ateliers, accueil de créateurs en résidence,...). Le rôle de polarisation de Florenville doit se trouver renforcé par la création d’une salle de spectacles de 250 places au cœur de la ville. Cela implique une vaste concertation avec les usagers, le tissu local, les élus, et aussi l’obtention de subventions à concurrence de 85% en infrastructures à la Communauté! S’il était question de revisiter un jour les rôles et objectifs à assigner aux Centres culturels, nous insisterions sur les quelques éléments suivants : - Laisser aux associations toute lattitude pour rester proches des citoyens - Garantir une approche “ascendante” pour la mise en œuvre des actions du Centre culturel - Maintenir le pluralisme, favoriser la pluralité (originalité d’un partage du pouvoir de gestion entre pouvoirs publics et représentants du monde associatif) - Maintenir un “Conseil Culturel”, espace d’expression de personnes ressources admises comme dynamisantes pour l’action socioculturelle sur le territoire - Garantir la démocratie, le respect des minorités. - Favoriser l’expression des cultures nées de questionnements, à travers la création et les productions artistiques issues de l’action territoriale ou mises en lien avec les enjeux locaux. Le mode de fonctionnement du Centre culturel du Beau Canton de Gaume n’est pas innocent. Il est témoin et même porteur d’un véritable projet de société. Réponse à la question: “comment vivre ensemble ?”. C’est cette culture-là que notre Centre culturel entend construire, avec les citoyens de son territoire, comme maillon de base, le plus proche du terrain, d’une politique de démocratie culturelle portée déjà et à construire encore par la Communauté Wallonie-Bruxelles. Patrick Besure Béatrice Schoppack Sébastian Pirlot Animateur-directeur Présidente du Conseil Culturel Président
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Centre Culturel des Roches
Atouts Ø Situé au centre d’une agglomération rurale de 10 000 habitants (pour toute l’entité), le Centre Culturel de Rochefort bénéficie d’une situation privilégiée : - sa position centrale dans la ville - son installation il y a onze ans dans un bâtiment relevant du patrimoine historique de la ville - une infrastructure technique tout à fait satisfaisante, même si des améliorations sont toujours possibles et même souhaitables (salle de spectacle de 485 places, confortable, aux dires tant du public que des artistes, et même enviable comparée aux infrastructures d’autres CC).
Ø En terme de public, depuis 11 ans, le Centre s’est fait re-connaître par un public qui s’est stabilisé, durant la dernière saison, à environ 300 personnes, outre les « spectateurs » d’un soir.
Ø Les relations du Centre avec les autorités sont satisfaisantes et permettent des collaborations sur certains projets.
Ø Le fonctionnement du Centre répond globalement, à ce qui en est attendu par la Communauté française : conseil culturel efficace et démocratique (soyons juste : de plus en plus depuis un an), mise en place de la participation des publics et d’un réseau associatif ( en pleine expansion).
Ø La particularité du Centre Culturel de Rochefort, depuis sa création, est sans aucun doute l’aspect « pointu » de sa programmation. En effet, le public a été « gâté » autant par une programmation théâtrale toujours au fait de l’actualité et des tournées des spectacles « grands théâtres », mais aussi, pour les mélomanes ou musiciens avertis, par une programmation musicale digne des grands centres culturels régionaux voire même des salles de concerts des grandes villes. A côté, une « petite » programmation, de spectacles peut-être plus à risques (humour, danse, chanson, musiques du monde) ; plus à risque mais surtout parce « sous-considérés », pas portés par l’ensemble du conseil culturel. Pendant 10 ans le centre culturel a été soucieux de donner hors de ses murs une image prestigieuse de la culture, voire élitiste. Il est intéressant de constater que la majorité des abonnés se recrutaient hors de l’entité, attirés par cette programmation qu’ils ne trouvaient pas forcément dans les centres culturels plus proches de chez eux !
Arme à double tranchant, puisque si cette programmation a porté ses fruits en terme de fidélisation (relative pourtant ces dernières quatre années), elle a aussi écarté d’emblée des publics de l’entité qui ne pouvait pas se reconnaître dans ce qui leur était proposé.
Alors ? Bilan positif ou négatif ? Est-ce là le centre culturel idéal ? A ce stade de son développement, il faut préciser que le Centre Culturel a subi, depuis 1 an, d’importantes modifications dans son fonctionnement, entre autres par un changement de l’animatrice - directrice. Ce changement s’est accompagné d’une longue réflexion, menée avec le conseil culturel, sur les nécessités de revoir certaines priorités du centre. J’aurais envie de dire que le centre culturel subit un profond lifting, une re-naissance, mais que tout cela se passe dans le respect des acquis positifs des 1 années de construction de l’institution.
Un idéal ? Ouvrir, décloisonner la notion de culture et de l’institution pour la rendre accessible au plus grand nombre de citoyens et donner une place à l’expression des identités et à la création. Ce passage s’inscrirait dans la recherche de sens que je souhaite imprimer à cette « institution ». Le métier d’animateur représente pour moi un véritable engagement, loin de l’anecdote et de l’occupationnel : je considère ce rôle et cette fonction comme un véritable levier vers une autonomie des personnes face aux moyens d’expression qui sont mis à leur disposition.
La pédagogie, l’animation: c’est la voie qui m’a toujours parue la plus riche, la plus susceptible de créer la communication, de donner la parole et de mettre à la disposition de tous des outils permettant de mieux comprendre, d’accepter les créations artistiques et de les vivre plus intensément, avec plus de plaisir et de bonheur. Ceci aussi afin de donner le goût, l’envie, de révéler un besoin d’expression, de donner simplement un espace et un lieu où cette démarche d’appropriation est possible.
A mes yeux, l’art est une production humaine, un langage qu’il convient de décoder. J’ai toujours envisagé les expressions artistiques comme une grande malle aux trésors, dans laquelle chacun a le droit de puiser afin de trouver les images qui sont en résonance avec son parcours personnel, son chemin de vie. L’art n’est pas affaire d’élite, de classe sociale, il est une affaire d’expression, de création et d’humanité. C’est de la même manière que j’envisage de défendre l’idée de la culture au sein d’un centre culturel.
Des obstacles
Ø Faire accepter par la ville la nécessité d’identifier clairement le centre culturel en tant que lieu, d’abord (signalisation du bâtiment sur celui-ci) et comme acteur du bien-« être » de la société civile, au même titre que l’économie et le social. Ces deux reconnaissances étant par ailleurs liées. Ø La réticence de certains à imaginer un centre culturel accessible à d’autres publics que le public « traditionnel » et donc forcément à d’autres types d’activités, en général celles qui relèvent de l’animation et de l’éducation permanente. Ø La difficulté, en fonction du personnel actuel, de mener à terme tous les projets, d’une part imposés par le respect des missions du contrat-programme et d’autre part nécessaires et souhaitables dans le développement du centre culturel lui-même. Les moyens financiers octroyés au Centre culturel ne permettent pas l’engagement d’un animateur supplémentaire qui pourrait prendre en charge le développement de ces activités. Actuellement, les projets se poursuivent dans une sorte de course perpétuelle « contre la montre », au sens très réel de l’expression. Ø La difficulté de toucher certains publics via les relais compétents (ea public CPAS pour bénéficier de l’article 27) ; difficulté aussi liée au point précédent
Améliorations Ø Différents axes doivent être (et sont en cours) développés :
q pas seulement sur le plan financier q sur le plan des démarches, de la réflexion, de l’action que peut mener le CCR comme véritable outil dans une démarche ouverture vers le public (e.a. par formations) Il apparaît de manière évidente que des partenariats d’associations sur des spectacles ciblés favorisent l’augmentation de la fréquentation. q Pour la création et l’aide à la création : entendre l’accompagnement d’une démarche o construction de partenariats avec Centres culturels voisins : Dinant, Ciney … (= arrondissement culturel dépendant de Dinant) et Marche, comme « voisin », avec le souci de travailler en complémentarité et non en terme de concurrence. o suppression des catégories « musique », « théâtre » et « carnet des roches » pour proposer des abonnements à la carte et donner la possibilité à chaque spectateur potentiel de concocter son programme à la carte, en choisissant le type de spectacles qui lui convient le plus. o sensibiliser tous les membres des différents organes de représentation des centres culturels : AG, CA, et Conseil culturel, milieu associatif. Ils sont les premiers porteurs de la programmation ; des spectacles peuvent être de formidables outils pédagogiques pour peu qu’il y ait des relais pour faire venir des publics identifiés et ciblés. o Une nouvelle ligne sera donnée à la diffusion des œuvres, tant pour le tout public que pour la diffusion scolaire. Il s’agit en effet de donner un sens, une orientation à une programmation. Le choix d’une thématique, traversant l’ensemble d’une saison, permet d’une part de justifier certains choix, mais aussi de donner une résonance plus forte à ces choix. De cette manière, une cohésion plus forte peut s’établir entre les différents actions développées par le Centre. Ainsi, il sera plus aisé de construire des passerelles entre l’axe de la diffusion et ceux de l’éducation permanente et de la formation. Elle permettra en outre que la notion de partenariat prenne tout son sens et dépasse celle d’une simple animation autour de l’un ou l’autre spectacle. o Favoriser la programmation d’événements spectacles qui permettent la rencontre des publics, la convivialité… o Développer l’accessibilité à tous les publics (via entre autres l’article 27)
Ø Rendre possible l’engagement d’un personnel supplémentaire an niveau de l’animation (cf plus haut) Ø Rendre possible l’amélioration du l’équipement technique dans le souci de répondre toujours mieux aux nouvelles orientations (convivialité, petits spectacles)
- On devrait exiger un minimum de compétences pour assurer la fonction de Président de Centre culturel. Trop souvent, la commune impose que ce soit un échevin qui remplisse cette fonction alors qu’il aucune expérience dans ce domaine. - Prévoir une structure pour aider les nouveaux centres culturels à se développer. - Il serait peut être utile de réaliser une étude comparative sur les moyens financiers, humains et en infrastructures propres à chaque Centre culturel.
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